L'imposture du sucre de coco | Honelthy

Honelthy
Aller au contenu
L'imposture du sucre de coco


Processus de fabrication
Avant tout, voyons comment ce sucre est obtenu. Bien que son nom laisse penser qu'il s'agit du sucre présent dans la noix de coco, c'est en réalité le sucre extrait de la sève contenue dans la tige du bouton floral du cocotier. Une fois la sève extraite, elle est chauffée jusqu'à atteindre sa solution saturée puis chauffée à nouveau pour obtenir du sucre cristallisé. En fonction du processus utilisé et des difficultés rencontrées lors du passage de la sève à la poudre, il est souvent utilisé de la maltodextrine qui permet d'aider au séchage des substances à haute teneur en sucre. Une fois en poudre, le sucre de coco est de couleur marron.
Un sucre "non raffiné" ?
Le sucre de coco est mis en avant comme un sucre "non raffiné". Comme il n'existe pas de définition légale du raffinage du sucre, les industriels en ont créé une qui se limite au seul procédé de blanchiment. Mais en pratique, cette étape concerne uniquement le blanchiment du sucre de canne marron en sucre de canne blanc (un sucre qui ne représente que 4% de la consommation globale). Le sucre de coco n'étant pas blanchi, il est considéré comme un sucre "non raffiné" selon cette définition. Sachant que le sucre blanc extrait de la betterave sucrière (qui représente 90% de la consommation globale) est naturellement blanc et donc également "non raffiné" d'après cette définition, on peut douter de la pertinence de cette dernière d'un point de vue santé.
Mieux vaut se fier aux définitions sanitaires données par l'Organisation Mondiale de la Santé qui distingue d'une part les sucres naturellement présents dans les aliments complets et d'autre part les sucres libres, à savoir tout sucre qui a été extrait de sa matrice alimentaire d'origine. Les sucres libres incluent tous les sucres ajoutés et les sucres naturellement présents dans les jus de fruits et les sirops. Le sucre de coco est un sucre libre : il est extrait de la sève des fleurs du cocotier et comme tout sucre libre est néfaste pour la santé.
Indice glycémique
On en vient à l'argument qu'ont tous les nouveaux sucres qui arrivent sur le marché : un soi-disant faible indice glycémique. Pour rappel, l'indice glycémique d'un aliment indique son impact sur le taux de glucose dans le sang. Le sucre de coco aurait selon une étude un indice glycémique de 35. Mais quand on regarde de plus près l'étude en question, elle a été réalisée sur seulement 10 sujets aux Philippines, pays où l'industrie du sucre de coco est en plein essor. Une autre étude a été réalisée par l'université de Sydney qui est la référence en matière d'études sur les indices glycémiques. Le résultat est tout autre : l'indice glycémique du sucre de coco est de 54, donc similaire au 60 du sucre blanc classique.
Minéraux
Toujours selon cette étude financée par le ministère de l'agriculture philippin, le sucre de coco serait une source de minéraux et notamment de potassium, fer et zinc. Mais dans aucune base de données nutritionnelle, n'est fait mention de teneurs en minéraux concernant le sucre de coco. Et quand bien même il contiendrait des minéraux, ceux-ci ne peuvent être comparés à ceux apportés par un aliment complet qui s'inscrit dans une matrice alimentaire associant des fibres et d'autres micronutriments. C'est d'ailleurs insensé de devoir le préciser et cela montre bien à quel point le marketing alimentaire peut aller loin, jusqu'à estampiller un sucre ajouté comme un aliment santé parce qu'il contiendrait des traces de minéraux.
Une aberration écologique
Le sucre de coco est majoritairement importé des Philippines. Et comme tous les sucres libres, il n’apporte que des calories vides. On fait donc venir de l'autre bout du monde de la calorie vide qui ne nous apporte rien d'autre que des pics d'insuline. Par ailleurs, le procédé d'obtention du sucre à partir de la sève nécessite une grande quantité de fuel. On utilise donc une énergie fossile pour créer du sucre qui voyage ensuite 10000 km pour finir dans des produits soi-disant healthy qui sont en réalité des bombes glycémiques.
NOS CONSEILS
Pour éviter les sucres ajoutés, il faut bien lire la liste des ingrédients car le tableau des apports nutritionnels ne fait pas la distinction entre sucres ajoutés et sucres naturellement présents dans les ingrédients.
Ne vous laissez pas berner par la couleur ou la source d'extraction du sucre : qu'ils soient blancs ou roux, qu'ils soient de canne ou de coco, tous les sucres ajoutés ont sensiblement le même impact sur la glycémie.
Sources :




Retourner au contenu